
Ville à vivre par excellence, Marrakech se découvre en parcourant ses ruelles étriquées. Au fil de ses ballades à pieds, on verra des artisans à la tache, monuments historiques et on passera des moments insolites. Consultez également notre partenaire Photos de Marrakech
▼
Au coin de la rue

Le Mellah de MarrakechConstruit en 1558, le Mellah de Marrakech était auparavant le quartier réservé à la population juive de la ville. C'est aujourd'hui un quartier populaire avec plein de charmes.
Le Mellah de Marrakech fut construit en 1558 sous le règne de Moulay Abdallah. Pour embellir sa ville, le sultan saâdien su tirer partie du talent de la population juive qui avait fui l’Espagne. En contrepartie, ces derniers purent trouver une relative sécurité à l’intérieur du nouveau quartier cloisonné, à l’ombre du palais royal. Aujourd’hui, la quasi-totalité des familles juives qui vivent encore à Marrakech ont déserté l‘endroit.
D’aspect extérieur, les hauts murs du Mellah lui confèrent toujours une certaine étanchéité au sein de la médina marrakchi. Seules quelques portes, que l’on fermait à clef le soir, permettent d’entrer dans ce vieux quartier. A l’intérieur, de hautes bâtisses surplombent des rues, parallèles ou perpendiculaires, au tracé régulier. Les murs, le bois et les composantes de l’espace en général, arborent des couleurs ternes, ce qui donne une homogénéité esthétique au quartier. L’ensemble donne une impression de quartier historique encore peu rénové, un sentiment vivifié par de nombreuses maisons d’aspects simples et quelques peu délabrées.

La fontaine MouassineLa fontaine Mouassine construite selon les plans de l'une fontaine Almoravide est la plus grande de Marrakech.
Anciennement ce quartier était celui de la communauté juive. Afin de le réhabiliter, le sultan saâdien Abdallah Al-Ghalib Billah ordonne la construction d’un vaste complexe religieux et socioculturel. L’ensemble est bâti d’un seul jet entre le 31 août 1562 et le 21 août 1563. Il comprend une mosquée à prône, un hammam, une bibliothèque, une medersa (supplantée plus tard par une école coranique ou msid), des latrines et bien sûr une fontaine. Cette dernière est de plan rectangulaire et mesure 18m10 de longueur et 4m70 de profondeur. Bâtie d’après le prototype de la fontaine de l’Almoravide Ali Ben Youssef du XII ème siècle (voir plus loin), elle offre trois grande baies ouvertes et se compose de trois bassins abreuvoirs ainsi que d’une fontaine murale. Deux bassins étaient réservés aux animaux comme abreuvoirs, celui du centre étant un réservoir d’eau. La fontaine proprement dite était réservée aux humains.
Aujourd’hui les bassins ne sont plus et sous les arcades seules trônent quelques mobylettes. Un robinet laisse toujours couler l’eau tandis que l’ensemble du bâtiment est ceint d’une clôture depuis 1981. Celle-ci accueille de temps en temps des expositions de peintures.
D’un point de vue architectural, la façade de la fontaine est coiffée par une corniche en plâtre, probablement tardive. Le bassin réservé aux humains est, quant à lui, coiffé d’un élégant auvent de bois de cèdre sculpté et peint, haut de 1m96 et surmonté de tuiles vertes vernies. Sur le mur intérieur, on peut y lire un verset du Coran en écriture coufique. Le reste de la décoration, sur plâtre et bois, se compose de calligraphies en caractères cursifs ou coufiques, de décors floraux, de consoles à muqarnas (stalactites), d’arcatures, de frises, de colonnettes, de corbeaux, etc.

La fontaine Sidi Ben SlimaneLa fontaine Sidi Ben Slimane est dédiée à un des sept saints de Marrakech. Elle se caractérise pas ses merveilleuses figures géométriques …
Mohamed Ben Slimane el-Jazouli était un grand mystique du XIV ème siècle et aujourd’hui un des sept saints patrons enterrés à Marrakech. Il a donné son nom à la fontaine ainsi qu’au quartier où elle est située.
La fontaine est modeste par sa taille. Avec l’entrée de la mosquée Sidi Ben Slimane qui est juxtaposée, elles sont comprises dans une même structure architecturale. Les façades extérieure et intérieure sont entièrement ornées de zelliges, les mosaïques typiques de la décoration marocaine. Ceux-ci sont constitués de petits carreaux, losanges ou étoiles, découpés dans des dalles en terre cuite émaillée puis assemblés afin de créer des motifs répétés à l’infini. Surplombant la loge, des colonnettes en plâtre garnies d’arabesques gravées encadrent un auvent en bois avec bandeau épigraphique et consoles à muqarnas. Elles supportent une corniche, avec l’aide de modillons également en bois de thuya. A l’intérieur de la fontaine, au-dessus des zelliges une frise en plâtre ciselé d’arabesques réceptionne la voûte. Cette dernière est ornée d’une quantité impressionnante d’étoiles, de cercles, de carrés, d’octogones et de pentagones polychromes, peints sur un bois verni.

La fontaine de Bab DoukkalaOeuvre de restructuration d’un ancien quartier, le complexe Mouassine avait atteint son but comme le constate plus tard un chroniqueur marocain du 17ème siècle : « Cette mosquée est devenue, dit-il, le centre autour duquel tourne la médina. » Désormais d’autres complexes du même genre allait suivre tel celui de Bab Doukkala, édifié à la fin du XVI eme siècle. La fontaine de Bab Doukkala, construite presque à l’identique de la fontaine Mouassine, date donc également de l’époque saadienne. Elle porte la patronyme d‘une femme qui était reconnue très pieuse et très juste, « Lalla Houda Saafia ».
Son architecture est similaire à celle de la fontaine Mouassine, quoique moins richement décorée. Aujourd’hui trois grandes portes en bois ferment les anciennes baies où les animaux venaient s’abreuvaient. Une grille protège l’accès à la fontaine, fermée depuis la fin des années 90. En outre, on peut remarquer sur le mur intérieur des traces noires. Elles sont dues aux bougies que les femmes viennent déposer certains soirs. Dans l’imaginaire populaire, la fontaine conserve un rôle bienfaiteur et reste un symbole. Que les bougies veillent la fontaine, c’est assurer la pérennité de l’eau et donc de la vie, en ce site insensé.

Terminologie et éthymologie des souksDéfinition des principaux termes spécifiques aux souks de Marrakech : l'organisation sociale (Amine et Mâalem), les édifices ainsi que l'éthymologie des différents souks.

L'ambiance des souks de MarrakechSous un tamis de roseaux qui filtrent la lumière, des kilomètres de ruelles et venelles à en plus finir qui se croisent, s’entremêlent, et forment un vaste dédale depuis la mosquée Ben Youssef jusqu’aux abords de la place Jemâa El Fna. Nous voici plongés au sein des souks marrakchis qui comptent parmi les plus authentiques et les plus réputés de tout le royaume chérifien.
Ses rues, ponctuées de portes cochères, d’impasses et de culs de sac, étalent mille et une couleurs et tout autant de saveurs et senteurs s’en échappent. Ses innombrables échoppes et boutiques débordent de la verve des marchands et du labeur des artisans. Chaque journée apporte son flot de visiteurs. Certains s’émerveillent d’un patrimoine déjà relayé aux oubliettes en Occident, d’autres cherchent des yeux la perle rare au meilleur prix. Dans cet océan de créations artisanales, on peine à se repérer. On se laisse perdre, guidé par nos sens en éveil, par un parfum d’ambre carbonisé, par le reflet du cuivre martelé ou de la laine tissée, par le cliquetis des outils, une senteur de cuir tanné, ou encore la densité de la foule. Un peu plus tard, ébloui, on se retrouve à l’endroit même où l’on fuyait les interpellations d’un marchand entreprenant … car le souk reste l’endroit privilégié du négoce.
A l’origine, ces terrains au nord de Jemâa El Fna constituaient le point de rassemblements des caravaniers en partance pour le sud et Tombouctou. Ils y venaient s’y équiper afin d’affronter le désert. C’est autour du marché (souk) que le rassemblement urbain a pris forme et s’est, au fil du temps, développé. Le souk constituait, de plus, un terrain neutre pour les différentes tribus qui y venaient pour se rencontrer, régler les litiges et les emprunts ou arranger les mariages. Le développement de Marrakech aidant, il est devenu peu à peu une véritable institution sociale à part entière. On y apprenait et appliquait les règles de la vie en société, les conventions sociales.

La fontaine carrelée de Sidi Bel Abbes…Sidi Bel Abbes (XII ème siècle) est le plus célèbre des saints de Marrakech. Ancien enseignant entièrement dévoué à l’Islam, il secourait les mendiants et les aveugles. Le complexe religieux qui porte son nom s’est édifié en différentes époques. Alors que la medersa et la mosquée date de 1605, la fontaine et la zaouïa (couvent où les disciples s’adonnent à la prière, aux incantations) sont plus anciennes.
La façade de la fontaine Sidi Bel Abbes, couverte de stuc, s’étire sur cinq arcs outrepassés qui permettent l’entrée dans la fontaine. Le sol est entièrement tapissé de zelliges tandis que des poutres ressortent du plafond. Une rangée de tuiles apparentes décore la partie supérieure de la façade extérieure, en plâtre sculpté. L’accès est protégé d’une grille ouvragée.
L’actuelle apparence de la fontaine est dû à sa récente restauration, elle ne distribue cependant plus d’eau.


