
De ses fondateurs almoravides à la raffinée dynastie saâdienne, Marrakech a connu une riche histoire à l'héritage ominiprésent.
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Histoire

Médina de MarrakechFondée au 11ème siècle, la médina de Marrakech s’étend sur plus de 600 hectares.
La Médina constitue le centre-ville historique de Marrakech. Son originalité et son raffinement proviennent de la nature spécifique de Marrakech. La ville fut en effet érigée sur un site vierge de toute agglomération humaine. Les architectes et les donneurs d’ordres disposaient dès lors de toute la place nécessaire pour bâtir des maisons d’une exceptionnelle superficie. Il n’est dès lors pas étonnant que la Médina de Marrakech s’étende sur plus de 600 hectares, la rendant la plus vaste du Maroc.
Fondée au 11ème siècle, la médina de Marrakech était à l’origine un campement militaire et un marché. Au 12ème siècle, une Kasbah fut érigée afin de défendre la ville des attaques des tribus montagnardes et d’asseoir la suprématie Almoravides dans la région. Le tracé des murailles fut à de nombreuses reprises modifié et étendu par les diverses dynasties ayant régnées sur Marrakech. Les murailles hautes de 8 à 10m s’encerclent aujourd’hui la médina sur 19km et comptent plus de 200 tours de défense. Leur ton ocre a donné l’un des surnoms donné à Marrakech : Marrakech la rouge. Ces murailles sont également coupées par de remarquables portes, dont quelques unes ont traversé les siècles depuis leur construction au 12ème siècle. Les portes Bab er Robb ou Bad Agnaou, toutes deux construites par les Almohades diffèrent ainsi par leur usage premier tout en donnant un splendide exemple de l’architecture défensive de l’époque.
La Médina est aujourd’hui encore un pôle résidentiel et commercial important. L’engouement récent pour les maisons traditionnelles, les riads, a contribué à restaurer un grand nombre d’entre elles et à revigorer le centre-ville. Il vient toutefois au prix d’une mutation sociologique importante de la typologie des habitants du quartier. Les riches marocains et occidentaux ainsi que les touristes étrangers supplantent petit à petit les ménages modestes qui occupaient précédemment ces logements après l’exode de leurs propriétaires vers les quartiers périphériques jugés plus confortables.
La Médina de Marrakech conserve toutefois son âme et son caractère commercial. Ses différents souks thématiques sont toujours une attraction commerciale importante et un centre artisanal important. Plus de 40 000 artisans travaillent à l’intérieur de ce dédale de ruelles protégées par des lattis de bois ou dans des passages couverts.

Marrakech, une histoire millénaireFondée en 1070, la ville de Marrakech a connue gloire et déchéance. Son histoire tumultueuse explique sa splendeur présente.
Située au pied du Haut Atlas et aux portes du désert, Marrakech joui d’une situation stratégique qui attira berbères, arabes, nomades et montagnards afin de commercer. Marrakech fut fondée en 1070 par le souverain Almoravide Youssef Ben Tachfine. Les traces du règne de cette dynastie sont encore omniprésentes dans la ville. La mosquée Ben Youssef, le palais Ali Ben Youssef, les ruines de la Casbah d'Abou Baker, la porte de Bab Aylane et surtout sa splendide palmeraie témoigne toujours de la sagesse des souverains Almoravide.
Sous le règne des souverains Almohades (1147-1269), l’héritage Almoravide a été sublimé afin de complètement rénover Marrakech et lui insuffler une prospérité nouvelle. Le sultan Abdelmoumen Al Mouahidi commande la construction de la mosquée de la Koutoubia. Son petit-fils Yacoub El Mansour y fera ajouter son célèbre minaret haut de 77m qui est depuis devenu le symbole de la ville. Les Almohades ont également légué à Marrakech un vaste système d’irrigation basé sur de nombreux réservoirs qui a permis le développement harmonieux de la ville.
Après sa conquête par les Mérinides en 1269, Marrakech connu un déclin de plus de 2 siècles. La renaissance de la ville est le fait des souverains de la dynastie de Saâdiens (1510-1659). Sous leur règne, Marrakech fut le centre d’une explosion artistique d’un extrême raffinement dont l’héritage le mieux préservé est constitué par les tombeaux Saâdiens et certaines fontaines de la Médina. De leur fastueux palais, le palais El-Badii qui fut longtemps considéré comme la merveille du monde musulman, il ne reste aujourd’hui que quelques vestiges.
Le prestige de Marrakech fut définitivement assis lors de l’arrivé au pouvoir des Alaouites et du Roi My Hassan 1er en 1879. Il entreprit la restauration des murailles de la ville et de la Kasbah, ordonna la construction de nouveaux bâtiments et mosquées.
L’héritage de ces dynasties est aujourd’hui encore omniprésent dans la Médina de Marrakech. Il contribue à donner à la ville une aura mondialement reconnue et assoie la ville dans son rôle de Capitale du Sud, tout en maintenant une activité artisanale foisonnante.

Histoire des fontaines de MarrakechSources de rafraîchissement et de vie, les fontaines abondent car elles sont à la croisée de diverses raisons d’être. Capitale Makhzen et porte du désert, Marrakech pourvoit depuis sa fondation aux besoins des milliers d’hommes qui y vivent et s’y concentrent grâce à ses fontaines et à un ingénieux système d'adduction en eau : les Khettaras.
Du seul fait de sa situation géographique, Marrakech est un défi aux lois climatiques. Implantée dans une zone aride, où la pluie ne trempe que rarement le sol, la grande oasis se dresse fièrement et s’étend depuis des siècles. Et puisque nous parlons de pluie, précisons-en la nature : une rafale de grosses gouttes, rapides, déjà vaporisées dans l’atmosphère avant qu‘elles n‘aient pu s‘infiltrer. Le reste du temps, une chaleur sèche saharienne écrase la ville. En ce site où rien ne prédisposait l‘implantation d‘une agglomération, le jaillissement de l’eau relève de l’affront. Les fondateurs de Marrakech et leurs successeurs ont pourtant réussi cette gageure. Outre les immenses bassins, comme ceux de la Ménara et de l’Agdal pour ne citer que les plus célèbres, des fontaines sont disséminées dans tous les coins de la cité.

Les Mellahs marocainesOn trouve dans les principales villes marocaines, un quartier du Mellah. Il désigne spécifiquement le quartier où habitaient les résidents juifs de la ville. Il est généralement entouré de hauts murs afin de bien séparer populations musulmane et juive. Nous retraçons l'histoire des Mellahs marocaines.
Comme chaque cité marocaine d’importance, Marrakech a un « Mellah ». Ce nom désigne le quartier où habitaient les résidents juifs de la ville. De hauts murs entourent celui-ci afin de bien séparer populations musulmane et juive… La première expérience de démarcation des deux religions remonte à la dernière décennie du IX ème siècle, sous le règne du roi Idriss II. Ce dernier appréciait le savoir-faire des artisans juifs et les invita par centaines dans sa capitale naissante, Fès. Les immigrants vinrent de toute la diaspora : d’Egypte, de Perse, de Babylonie, d’Espagne, etc. Fès devint le centre juif par excellence du Maroc, et l'un des centres de culture juive de premier plan. Afin de sécuriser la population juive le roi décida de la regrouper dans un quartier clos, près de son palais. Il ordonna de ce fait la construction d’un mur enfermant un quartier de sa jeune cité.

Kasbah de MarrakechLa Kasbah de Marrakech a servie de modèle architectural aux cités impériales marocaines.
Quelques décennies après la destruction des palais et mosquées occasionnés par leur prise de Marrakech par sa tribu, le souverain Almoravide Youssef Ben Tachfine entreprit au 12ème la construction de la Kasbah dont la construction sera terminée son le règne de son successeur Yacoub El-Mansour.
La Kasbah de Marrakech fut le premier et le modèle de la cité impériale marocaine. Le choix urbanistique de ses créateurs fut de regrouper en quartiers les principaux objectifs de la ville. Les quartiers militaires furent ainsi regroupés dans le nord de la Kasbah, la cité administrative occupait le sud tandis que les palais et jardins étaient construits à l’est. Le plan urbanistique de la Kasbah de Marrakech inspira d’autres architectes et souverains, il servit notamment de base à la construction d’une autre cité impériale : Fès.
Au fil des siècles, la Kasbah fut quasiment entièrement détruite. Ses matériaux servirent à l’édification de Fès et du palais d’el Baldi, ses ruines servirent de terrains constructibles pour l’édification des palais Alaouites. Il ne reste plus de la Kasbah que le minaret de la mosquée Yacoub el Mansour et son nom donné à un quartier de la vielle ville.

Marrakech, chronologie de la ville et de ses monumentsUne chronologie pour comprendre la vie mouvementée de la "ville rouge"
Depuis sa fondation, l'essor de Marrakech a été dicté et rythmé par la volonté des dynasties régnantes. Cette chronologie de l'édification de Marrakech à nos jours devrait vous aider à mieux comprendre la vie mouvementée de "la ville rouge".
- 1055 : la dynastie Almoravide
- 1061-1107 : règne de Youssef Ben Tachfine (fondateur de Marrakech)
- 1070 : fondation de Marrakech
- 1130 : la dynastie Almohade
- 1184.1199 : règne de Yacoub El Mansour qui fait de Rabat sa capitale et commanditaire du minaret de la mosquée de la Koutoubia.
- 1258 : La dynastie Mérinide
- 1554 : la dynastie Saâdienne
- 1578 : la bataille des 3 rois met fin à la domination portugaise
- 1578-1603 : règne de Ahmed El Mansour et construction des tombeaux Saadiens
- 1664 : la dynastie Alaouite
- 1672-1727 : règne de Moulay Ismaïl
- 1956 : indépendance du Maroc
- 1961 : accession au Trône de S.M. Hassan II
- 1999 : décès de Hassan Il et proclamation du prince héritier Sidi Mohammed Roi du Maroc, régnant sous le nom de Mohammed VI.

Médinas marocainesLe Maroc compte aujourd’hui 5 médinas classées au patrimoine culturel mondial.
Les médinas sont les centres-villes historiques des agglomérations urbaines marocaines. Leur patrimoine urbain et architectural est sans conteste l’un des plus intéressant de l’Afrique du Nord. Longtemps menacées d’une lente destruction par un manque d’entretien et par l’inexorable exode des habitants d’origine vers les nouveaux quartiers, les principales médinas impériales marocaines connaissent depuis quelques années un véritable renouveau.
Le classement en 1985 par l’Unesco des médinas de Marrakech et de Fès au patrimoine culturel mondial a occasionné un regain d’intérêt pour cet héritage architectural unique. Jusqu’à récemment abandonnés ou délabrés, de nombreux riads ont désormais été rénovés et restaurés à leur splendeur d’autrefois. Ce renouveau des médinas, notamment à Marrakech, doit beaucoup à l’attrait touristique que représente le style islamique pur des riads. Le Maroc compte aujourd’hui 5 médinas classées au patrimoine culturel mondial, les médinas d’Essaouirra, Meknès et Tetouan ayant depuis également été classées.

