
De la Koutoubia à la médersa Ben Youssef, l’architecture de Marrakech est un témoignage vivant de son riche passé. De l’épure des almoravides au raffinement des édifices arabo-andalous, la ville rouge déploie tous ses contrastes.
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Monuments
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La KoutoubiaLa mosquée au minaret emblématique de Marrakech.
Au fil du temps, la mosquée de la Koutoubia est devenue emblématique de Marrakech. Son édification fut décidée en 1158 par le sultan Almohades Abdel Moumen aussitôt après sa conquête de Marrakech. Sa construction fut achevée en 1199 avec la construction de son célèbre minaret ordonnée par le petit fils du sultan, Yacoub el-Mansour. La Koutoubia, littéralement la « Mosquée des libraires » en arabe, doit son nom au grand nombre de marchands de livres et de manuscrits qui installèrent leurs échoppes dans les alentours immédiats de l’édifice dès le 12°-13° siècle.
La Koutoubia occupe la place d’un ancien palais Almohavide et fut construite suite à la destruction d’une première mosquée dont l’orientation n’était pas face à la Mecque. Ce fleuron de l’art hispano-mauresque est composé de 16 nefs périphériques et d’une nef centrale aux proportions plus larges. Sa luxueuse décoration d’inspiration almoravide est magnifiée par une certaine sobriété.
Le minaret de la Koutoubia inspira les architectes de la Giralda de Séville et de la Tour Hassan de Rabat. Cette tour carrée en pierre de taille finement travaillée culmine à une hauteur de 77 mètres, en tenant compte de son lanternon. Un escalier intérieur permet d’accéder à des salles couvertes de coupoles ainsi qu’à son sommet. Les façades supérieures du minaret de la Koutoubia sont décorées de carreaux de céramiques formant des ornements différents sur chaque face.

La MenaraLe bassin central et son pavillon attenant exultent le romantisme de la « perle du Sud »
Plantés d’oliviers souvent centenaires, le jardin de la Ménara concentre son charme dans sa partie centrale. Son vaste bassin central fut creusé au 12° siècle à l’époque Almohade. A l’une de ses extrémités trône un harmonieux pavillon saâdien qui fut construit à la fin du 19° siècle. On raconte que le jardin de la Ménara fut le lieu des rendez-vous galants des sultans.
Une anecdote peu étonnante, la tranquillité et la relative fraîcheur du jardin de la Ménara en font en effet un des lieux de promenade les plus agréable et romantique de Marrakech. Un romantisme accentué si l’on s’y rend un peu avant le coucher du soleil …

Palais BahiaLa folie commandée en 1880 par le grand vizir Sidi Moussa.
Le palais de Bahia est une folie commandée en 1880 par le grand vizir Sidi Moussa. Successivement au service des sultans Moulay Hassan et Moulay Abd el-Aziz, Sidi Moussa était le maître de facto du royaume du Maroc.
Il fit vraisemblablement ériger ce palais de 160 chambres pour une de ces combines officielles, le palais de Bahia signifiant « palais de la belle ». La propriété est une succession de luxueux appartements et de cours. Les différentes jardins intérieurs sont d’une sublime luxuriance aux subtils ornements. La beauté du palais de Bahia en fait un remarquable témoignage de l’architecture orientale du 19° siècle. La propriété est entourée d’un vaste jardin de 8 ha.

Qoubba AlmoravidesUn témoignage du savoir-faire technique de la dynastie fondatrice de Marrakech.
Située en face de l'entrée de la mosquée Ben Youssef et à quelques mètres du Musée de Marrakech, la Qoubba Almoravides constituait les dépendances de la mosquée. Son intérêt historique est énorme et elle est un témoignage éloquent du savoir-faire technique de la dynastie fondatrice de Marrakech. Redécouverte en 1955, elle constitue en effet le dernier vestige Almoravides de la ville rouge.
La Qoubba (coupole en arabe) était le centre d'ablution pour les croyants se rendant à la mosquée. Le complexe était en outre l'une des premières fontaines de la ville et assurait donc l'approvisionnement en eau des marrakchi et de leurs animaux. Les trois fontaines et le centre d'ablution étaient alimentées en eau par le réseau de khettaras et disposait d'un important réservoir d'eau potable. Ce complexe fut en activité pendant de plusieurs siècle, comme en témoigne les niveaux successifs de la canalisation que l'on pourra remarquer sur le site.

Medersa Ben YoussefLa medersa Ben Youssef est un joyau de l'architecture arabo-andalouse.
La Medersa Ben Youssef est un des joyaux de Marrakech. La structure actuelle de cette école coranique fut édifiée vers 1570 par les saâdiens et restaurée en 1950. A l’époque de sa splendeur, la medersa Ben Youssef pouvait héberger jusqu’à 900 étudiants dans les 150 cellules que compte le bâtiment. Cette caractéristique architecturale fait de cet édifice sacré la plus vaste medersa de tout le Maghreb.

Tombeaux SaâdiensLe seul vestige qui témoigne de la puissance et du raffinement de la dynastie saâdienne.
Situé à côté de la mosquée de la Kasbah, les tombeaux des saâdiens sont un des seuls vestiges restant de la dynastie saâdienne qui régna sur l’age d’or de Marrakech entre 1524 à 1659. Au début du 18° siècle, le sultan Moulay Ismaïl avait en effet décidé de faire disparaître toutes traces de la magnificence de cette dynastie en demandant la destruction de tous les vestiges restant. Il n’osa toutefois pas commettre le sacrilège de détruire leurs sépultures et ordonna que l’on mure l’entrée de la nécropole. Le secret demeura bien gardé jusqu’en 1917, date de la redécouverte de l’emplacement des tombeaux saâdiens.
Bien que cette nécropole royale fut utilisés dès le début du 14° siècle, sa splendeur remonte au 16° siècle avec l’inhumation du prince Mohamed Cheikh en 1557. Son fils Ahmed El Mansour, également connu comme Ahmed « le doré », fit agrandir et embellir l’emplacement en y faisant construire le koubba « Lalla Mesouada » du nom de sa mère. Lalla Messaouda y fut inhumée en 1591 ainsi que les 3 successeurs du sultan.

Palais El-BadiLe « palais de l’incomparable » fut érigé en 1578. Il reste quelques vestiges de sa magnificence passée.
La décision d’ériger Dar el-Badi, le « palais de l’incomparable », fut prise par le souverain saâdien Ahmed el-Mansour pour célébrer après sa victoire sur l’armée portugaise lors de la bataille des trois rois en 1578. La construction de ce fastueux palais dura entre 1578 et 1603. Les matériaux les plus riches furent utilisés pour décorés les 360 pièces du complexe princier.
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