Villa Makassar
Une suite en ébène de Macassar et fauteuils des années 1930 · © Villa Makassar
Des colonnes d'ébène de Macassar, des fauteuils tubulaires années 1930, du galuchat et du parchemin : la Villa Makassar n'est pas un riad marocain de plus, c'est un palais Art déco, seul de son genre dans la médina. Dix chambres, chacune dédiée à un artiste de la période, dans la Kasbah, à dix minutes à pied de Jemaa el-Fna.
Notre avis
Il faut une phrase pour situer la Villa Makassar, et elle suffit : c’est le seul palais Art déco de la médina de Marrakech. Là où toutes les maisons du quartier déclinent le même vocabulaire, zellige, tadelakt, plâtre sculpté, celle-ci a fait un pas de côté et rejoué les années 1920 et 1930. Colonnes et placages d’ébène de Macassar, qui donnent son nom à la maison, fauteuils tubulaires en cuir crème, laques, galuchat, parchemin, sols de bois sombre en chevrons. Ce n’est pas un décor de surface : les matériaux sont ceux de la période, chers et rares, et l’ensemble tient de la façade au robinet.
La maison est née d’une passion, celle de Fouad Graïdia, un collectionneur qui a réuni le mobilier et les objets pendant des années avant de restaurer les deux riads réunis, sur environ mille trois cents mètres carrés. Les dix chambres portent chacune le nom d’une figure de la période, de Ruhlmann à Mondrian, et le parti pris va jusqu’au bout : chaque pièce a son mobilier, ses couleurs, ses matières. On ne choisit pas une catégorie de chambre, on choisit un univers, ce qui est une façon de voyager en soi.
Le reste est à l’avenant d’une adresse de ce standing. Un spa complet, avec hammam, jacuzzi intérieur, salle de massage et chromothérapie, et sur le toit un bain à remous doublé du restaurant de la maison, cuisine méditerranéenne et orientale à la carte changeante, servie face aux terrasses de la Kasbah. Une petite piscine, donnée pour chauffée, permet de se rafraîchir dans la maison. L’emplacement, contre le palais royal, met les tombeaux saadiens et Jemaa el-Fna à une dizaine de minutes de marche, dans un secteur plus calme que le cœur des souks.
Deux nuances, avant de réserver. La première tient à la note : elle est haute, mais sur un nombre d’avis encore modeste, et quelques voyageurs signalent des points d’entretien et une pression d’eau inégale, ce qui n’est pas rare dans une vieille maison chargée d’installations. La seconde tient au vocabulaire commercial : la villa se présente comme 5 étoiles et revendique une place dans un palmarès des meilleurs hôtels Art déco de la presse britannique. Le classement en étoiles n’a rien d’officiel au Maroc pour un riad, et le palmarès est une distinction que la maison met elle-même en avant ; l’un et l’autre disent surtout un positionnement, pas une garantie.
Pour deux voyageurs qui ont fait le tour des riads marocains et cherchent autre chose, un objet de collection habité, une singularité assumée à quelques pas des tombeaux saadiens, la Villa Makassar est sans équivalent dans la médina. Pour qui veut précisément le zellige, la fontaine et le patio planté d’un oranger, l’imaginaire même du riad, il faut aller voir ailleurs : ici, on dort dans un autre siècle.
Ce qui fait la différence
- Un palais Art déco, pas un riad de plus Ébène de Macassar, galuchat, parchemin, laques : la maison est un manifeste des années 1920-1930, unique à Marrakech. Là où tout le quartier joue le zellige et le tadelakt, celle-ci raconte une autre histoire, et la raconte jusqu'au dernier objet.
- Dix chambres, dix artistes Chaque chambre est dédiée à une figure de la période, de Ruhlmann à Mondrian. Ce n'est pas un thème plaqué : le mobilier, les matériaux et les couleurs suivent, si bien qu'on choisit sa nuit comme on choisirait une salle de musée.
- Le spa et le toit Un hammam, un jacuzzi intérieur, une salle de massage et une zone de chromothérapie en bas ; sur le toit, un bain à remous et le restaurant de la maison, face aux terrasses de la Kasbah. Petite piscine dans la maison pour se rafraîchir.
- La collection d'un homme La villa est née de la passion d'un collectionneur, qui a réuni mobilier et objets pendant des années et restauré la double maison sur un temps long. Cela se sent : on dort dans une collection habitée, pas dans une chambre d'hôtel décorée.
Bon à savoir
20 Derb Chtouka, dans la Kasbah, contre le palais royal, à une dizaine de minutes à pied de Jemaa el-Fna et des tombeaux saadiens. L'adresse est un derb, le personnel aide au portage. Deux maisons réunies, dix chambres Art déco. Spa avec hammam et bain à remous sur le toit, petite piscine donnée pour chauffée, restaurant sur la terrasse. La maison se présente comme 5 étoiles, sans classement officiel. Sur un échantillon d'avis encore modeste, quelques points d'entretien signalés.
- Nuit (dès, selon saison)
- ≈ 140 à 250 €
Équipements & services
L'emplacement
Infos pratiques
Coordonnées vérifiées et recoupées par la rédaction - juin 2026.