Les Deux Tours
La piscine chauffée, au cœur du parc · © Les Deux Tours
Dans la Palmeraie, à un quart d'heure de la médina, Les Deux Tours est la maison conçue dans les années 1980 par l'architecte Charles Boccara : 44 chambres réparties en pavillons de pisé, trois hectares de jardins andalous, des patios, des bassins et une piscine chauffée. On y vient pour le calme et la main d'un architecte, pas pour la vie de palace.
Notre avis
Les Deux Tours ne ressemble pas à un hôtel : c’est une maison, ou plutôt un hameau de pavillons posés dans la Palmeraie, à une quinzaine de minutes de la médina. L’architecte Charles Boccara l’a dessinée dans les années 1980, à l’époque où la palmeraie de Marrakech se couvrait de résidences privées. Il y a appliqué son vocabulaire : briques de terre apparentes, voûtes et coupoles, arcades, patios et bassins, dans l’esprit des médinas arabo-andalouses plus que du grand hôtel. Les deux tours de pisé qui donnent leur nom au lieu se dressent au bout d’un jardin, vestige de ce parti pris où l’architecture précède le confort. On loge ici dans une œuvre signée, ce qui est rare, et cela se sent dès l’allée d’entrée. Boccara, né à Marrakech en 1936 et formé à Paris, a marqué la ville de plusieurs de ces maisons d’hôtes ; Les Deux Tours reste la plus connue, et celle qui a le plus directement inspiré la vague des riads-hôtels qui a suivi.
Le domaine compte 44 chambres et suites réparties en pavillons indépendants, dispersés dans trois hectares de jardins andalous : allées plantées, fontaines, orangers, murets ocre. La plupart des chambres ouvrent sur un patio ou une terrasse ; certaines ont une cheminée, une coupole sous laquelle on dort, parfois un bassin privé. Les volumes sont hauts, les sols en tadelakt et en zellige, les salles de bains souvent spectaculaires - l’une est entièrement carrelée de marbre noir et blanc sous des voûtes blanches, avec double vasque et baignoire encastrée. Les chambres se déclinent en plusieurs catégories, de la chambre double aux suites les plus vastes, dont une porte le nom de l’architecte. La distribution en pavillons fait qu’on ne croise guère ses voisins : on traverse le jardin pour rejoindre la piscine ou le restaurant, et l’on rentre chez soi comme dans une petite maison. C’est l’inverse du grand hôtel à couloirs, et c’est l’intérêt du lieu. Le mobilier mêle pièces chinées, lustres en verre ambré et tissus marocains, sans le décor d’apparat des palaces récents : on est chez quelqu’un, pas dans une vitrine.
Le parc s’organise autour d’une piscine chauffée l’hiver, bordée d’une terrasse à l’ombre des arbres où l’on déjeune à La Pergola, la table du midi installée au bord de l’eau. Le soir, Le Salammbô sert une cuisine marocaine et française tirée du potager bio de la maison, dans la salle ou sous les arcades selon la saison. Le petit-déjeuner se prend en chambre, au jardin ou sur sa propre terrasse - corbeille de viennoiseries, fruits frais, jus pressés. Pour les soins, Les Bains des Deux Tours réunissent hammam, gommage et massages dans un cadre de marbre, ouverts aux résidents sur rendez-vous. À cela s’ajoutent un bar, un salon de télévision et une navette vers le centre, proposée sur demande contre supplément. Pour le calme et le hammam, la maison joue dans la même cour que d’autres adresses de la ville tournées vers le spa, avec en plus la signature d’un architecte.
Reste à savoir ce qu’on cherche. La Palmeraie n’est pas la ville : on ne descend pas à pied vers les souks, chaque sortie se planifie en voiture, en taxi ou en navette, et le quartier, fait de domaines clos, manque de vie de rue. Comptez un quart d’heure de route en journée, davantage aux heures de pointe, et un budget transport à part pour chaque escapade en médina. Le revers du charme d’origine, c’est l’âge de la maison : les pavillons et leurs équipements accusent par endroits leurs quarante ans, et l’on n’attendra pas ici la mécanique sans faille d’un palace neuf. C’est le prix d’une adresse qui a une histoire et un auteur. Les voyageurs la notent bien malgré tout (9,3 sur Booking, sur près de 800 avis), avec une mention particulière des couples, et saluent surtout l’accueil et le cadre. À partir d’environ 180 € la nuit en basse saison, et davantage de mars à mai, on paie d’abord un jardin, un silence et la main d’un architecte - pas le standing d’un cinq-étoiles de centre-ville. Pour un séjour à deux, lent, à l’écart de l’agitation, c’est une belle option ; pour qui veut sortir tous les soirs dans la vieille ville, mieux vaut une adresse en médina.
Ce qui fait la différence
- Une maison d'architecte Charles Boccara a dessiné l'ensemble dans les années 1980 : voûtes, coupoles, briques apparentes et arcades. On loge dans une œuvre, pas dans une chambre standardisée.
- Trois hectares de jardins Un parc andalou de bassins, de fontaines et d'allées plantées relie les pavillons. La piscine, chauffée l'hiver, occupe une clairière bordée de murets ocre.
- Le spa et son hammam Les Bains des Deux Tours alignent hammam, massages et soins dans un cadre de marbre. Réservé aux résidents, sur rendez-vous.
- Des pavillons à patio Beaucoup de chambres ont leur patio ou leur terrasse, parfois une cheminée, parfois un bassin privé. On ferme sa porte sur un coin de jardin à soi.
Bon à savoir
Comptez un quart d'heure de route jusqu'à la médina et Jemaa el-Fna : prévoyez voiture, taxi ou la navette de la maison (sur demande, en supplément) pour chaque sortie en ville. Parking privé gratuit. Deux restaurants : La Pergola au bord de la piscine le midi, Le Salammbô le soir (cuisine marocaine et française, potager bio). Petit-déjeuner servi en chambre ou au jardin. Wifi gratuit dans tout le domaine. Arrivée à partir de 15 h, départ avant midi. À partir d'environ 180 € la nuit en basse saison, davantage pour les grandes suites et de mars à mai.
Équipements & services
L'emplacement
Infos pratiques
Coordonnées vérifiées et recoupées par la rédaction - juin 2026.