Palais Anthea
Les cabanes à rideaux blancs au bord du bassin · © Palais Anthea
Un palais blanc à toits de tuiles, un canal d'eau qui court jusqu'au perron, des cabanes à rideaux blancs au bord du bassin : au kilomètre 10 de la route de l'Ourika, le Palais Anthea tient onze suites sur un hectare de jardins. C'est l'une des mieux notées de cette route. Ce n'est pas une demeure historique.
Notre avis
Le Palais Anthea porte un nom de demeure ancienne et n’en est pas une. Nous avons cherché : ni fondateur, ni date d’ouverture, ni architecte, ni origine du nom. Le site de la maison parle de « palais légendaire » sans jamais dire de quelle légende, et se présente par ailleurs comme une villa de location. Les premiers avis remontent au début des années 2020. Tout indique une construction récente, dans un vocabulaire néo-mauresque tenu de bout en bout, et il vaut mieux le savoir que le découvrir : si vous cherchez les murs d’un riad du XVIIIe, ce n’est pas ici. Si vous cherchez un décor qui fonctionne, en revanche, celui-ci fonctionne.
L’arrivée fait son effet. Un long bâtiment blanc à toits de tuiles, des palmiers, des massifs d’herbes hautes, et un canal d’eau rectiligne qui mène au perron. De l’autre côté, un bassin bordé de cabanes à rideaux blancs et de daybeds, et une pelouse. À l’intérieur, le décor va jusqu’au bout de son idée : moucharabiehs en fer découpé, salles de bains en marbre beige avec vasques longues et lanternes géométriques, et un salon de jeux qui tranche - plafond noir, éclairage indirect, fauteuils de velours vert, billard, toiles contemporaines. C’est cohérent, et c’est photogénique, ce qui n’est pas un défaut quand on vend un séjour à la campagne.
L’échelle est ce qui rend l’adresse intelligible : onze suites, vingt-deux personnes au maximum, un hectare de jardins. Assez grande pour avoir un spa avec hammam, un jacuzzi, une salle de fitness ouverte en permanence et un vrai restaurant ; assez petite pour que le service soit personnel. C’est d’ailleurs ce que les voyageurs citent avant les jardins et avant le décor : l’accueil, à 9,5 sur 10. Le domaine se loue aussi en entier - mariages, séminaires, soirées privées - et c’est à ce titre que l’édition de printemps 2024 d’Origins Festival s’est tenue dans ses jardins, avant que le festival ne s’installe chez un autre domaine de la même route. Cela dit, aucun avis récent ne se plaint de bruit ni de musique, et l’endroit est au contraire décrit comme paisible : rien n’indique un rythme hebdomadaire, mais la maison ne publie pas d’agenda. Demandez le vôtre.
Deux réserves concrètes, et elles portent toutes deux sur l’eau. La piscine est ouverte toute l’année mais n’est pas chauffée : des clients de mars la trouvent trop froide pour nager. Surtout, l’eau chaude des chambres est produite par panneaux solaires, et un client de janvier explique sans détour qu’elle n’a pas suivi en plein hiver. C’est le genre de détail qu’aucune brochure ne mentionne et qui décide d’un séjour en février. Entre décembre et mars, la maison doit vous répondre là-dessus avant que vous ne payiez.
Le reste est le contrat habituel du secteur, en un peu plus cher. À onze kilomètres, l’emplacement recueille 8,1 sur 10, la note la plus basse de la maison, et les voyageurs qui la commentent reviennent sur le même point : le taxi, autour de 25 € depuis la médina, qui devient vite le poste de dépense qu’on n’avait pas prévu. À partir d’environ 175 € la nuit, petit-déjeuner compris, pour deux dans un décor soigné avec un service qu’on cite avant le reste : c’est un bon calcul si vous venez pour vous poser, et un mauvais si vous comptez rentrer en ville tous les soirs.
Ce qui fait la différence
- Onze suites, vingt-deux personnes, un hectare C'est la bonne échelle pour comprendre l'adresse : assez grande pour avoir un spa, un salon de jeux et des jardins dessinés, assez petite pour que le personnel vous connaisse. L'accueil, noté 9,5, arrive juste derrière les maisons les mieux notées du secteur, plus petites encore.
- L'hôte, plus que l'hôtel C'est ce que les voyageurs citent avant tout le reste, avant les jardins et avant le décor. Sur une route où l'on est loin de tout, savoir que quelqu'un s'occupe de vous compte davantage qu'ailleurs.
- Un potager revendiqué, une table ouverte à midi La cuisine, marocaine et internationale, revendique les produits bio du jardin. Le déjeuner au bord de la piscine s'ouvre aussi aux non-résidents, sur la journée, ce qui permet de voir l'endroit sans y dormir.
- Un décor assumé jusqu'au bout Moucharabiehs, marbre, lanternes en fer découpé, et un salon de jeux au plafond noir avec billard et toiles contemporaines. On aime ou non, mais c'est tenu de la façade au porte-serviettes.
Bon à savoir
Km 10, route de l'Ourika, commune de Tassoultante, soit environ 11 kilomètres de Jemaa el-Fna et 20 à 25 minutes de route. Onze suites, vingt-deux personnes au maximum, sur un hectare. Le domaine se loue aussi en entier, pour des mariages, des séminaires ou des soirées privées. Petit-déjeuner inclus, servi en chambre, au bord de la piscine ou au restaurant. Restaurant ouvert midi et soir, produits du potager ; accès à la journée pour les non-résidents, piscine et déjeuner, de 10 h à 18 h. Hammam, massages, jacuzzi, salle de fitness ouverte 24 h sur 24 ; aucun tarif de soin n'est publié, à demander. Piscine extérieure ouverte toute l'année mais non chauffée. Eau chaude produite par panneaux solaires : des clients d'hiver la disent insuffisante, à vérifier si vous venez entre décembre et février. Transferts aéroport sur demande, payants. Pas de navette régulière vers le centre : des clients rapportent environ 25 € le taxi depuis la médina. À partir d'environ 175 € la nuit selon la saison. Aucun classement en étoiles officiel.
Équipements & services
L'emplacement
Infos pratiques
Coordonnées vérifiées et recoupées par la rédaction - juin 2026.