Le Palais El Badi
Un palais d'apparat réduit à ses murs : Moulay Ismaïl en a emporté le marbre et l'or pour Meknès. Restent l'échelle, le grand bassin, les cigognes et, depuis les terrasses, l'une des plus larges vues sur la médina et l'Atlas.
Histoire & contexte
Le palais El Badi - « l’Incomparable » - naît d’une victoire. En 1578, le sultan saadien Ahmed al-Mansour écrase les Portugais à la bataille des Trois Rois ; la rançon des prisonniers finance en partie le chantier qu’il lance la même année. Il faudra une quinzaine d’années pour achever ce palais d’apparat, conçu pour recevoir et impressionner.
Le sultan y fait venir le meilleur : marbre d’Italie, or du Soudan, onyx, cèdre de l’Atlas. Une cour de cent trente-cinq mètres sur cent dix, un bassin long de quatre-vingt-dix mètres, des pavillons aux quatre angles. À sa mort, en 1603, El Badi est l’un des palais les plus fastueux du Maroc.
Le faste ne dure pas. Un siècle plus tard, le sultan alaouite Moulay Ismaïl fait dépouiller le palais pour réemployer ses matériaux à Meknès, sa nouvelle capitale. Ne restent que les murs de pisé, trop massifs pour être emportés. C’est cette carcasse que l’on visite : vaste, nue, habitée par les cigognes.
« Il ne reste rien du palais, ou presque. C’est justement ce qui le rend saisissant. »
Que voir - les temps forts
La grande cour et son bassin
Cent trente-cinq mètres sur cent dix, un bassin central et des jardins d'orangers en contrebas. L'échelle saadienne, intacte.
Les terrasses panoramiques
Monter sur les remparts pour la vue sur les toits de la médina, la Koutoubia et l'Atlas, parfois enneigé.
Les cigognes
Une colonie niche en haut des murs ; on les observe à hauteur d'œil depuis les terrasses, au claquement de becs caractéristique.
Le minbar de la Koutoubia
La chaire de cèdre marquetée du XIIᵉ siècle, longtemps dans la grande mosquée, présentée ici dans une salle dédiée.
En images
Les plus belles photos
Où poser l'appareil, et à quelle heure la lumière est la plus belle.
La cour au couchant
Depuis les remparts, cadrer la grande cour et le bassin quand la lumière allonge les ombres du pisé.
Le reflet des murs
Se baisser au ras de l'eau pour saisir la symétrie des murs et leur reflet.
Les nids de cigognes
Téléobjectif vers les nids ; patienter pour saisir un envol ou le claquement de becs.
Billets & visites guidées
Réservables à l'avance - utile aux heures d'affluence, où la file d'attente peut dépasser trente minutes.
Réservation via GetYourGuide, notre partenaire billetterie. Prix indicatifs ; nous pouvons percevoir une commission, sans surcoût pour vous.
Conseils de visite
Tôt le matin ou en fin d'après-midi : lumière douce, moins de foule, chaleur plus supportable. Le couchant, depuis les terrasses, est le moment fort.
Le créneau 11 h - 15 h en été : peu d'ombre dans l'enceinte, et la pierre renvoie la chaleur.
- Comptez une à deux heures ; les escaliers vers les terrasses méritent d'être grimpés pour la vue.
- Chapeau, eau et chaussures fermées : le sol est inégal et l'ombre rare.
- Le quartier réunit El Badi, les tombeaux saâdiens et le palais de la Bahia : une demi-journée suffit pour les trois.
L'emplacement & l'accès
Au sud de la médina, dans le quartier de la Kasbah, près du Mellah. Comptez dix à quinze minutes à pied depuis Jemaa el-Fna par la rue Riad Zitoun el Jedid. Les tombeaux saâdiens et le palais de la Bahia sont à quelques minutes.


