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Marrakech en famille : que faire avec des enfants

Une poussette n'a aucune chance dans les souks, un enfant fond entre midi et 17 h en été, et les singes de Jemaa el-Fna cachent une réalité qu'on préfère taire. Marrakech se visite très bien en famille, à condition de connaître les lieux qui occupent les enfants, y compris à l'abri quand la ville cuit. Du parc aquatique aux parcs couverts, du refuge animalier à la fraîcheur de l'Ourika.

Toboggan au parc aquatique : la sortie qui tient les enfants par forte chaleur.
Toboggan au parc aquatique : la sortie qui tient les enfants par forte chaleur.

Voyager à Marrakech avec des enfants, c’est surtout une affaire de rythme et de température. La ville chauffe fort de midi à la fin d’après-midi, la médina est un labyrinthe où cinq cents mètres prennent vingt minutes avec une poussette, et deux ou trois attractions vendues aux familles valent surtout pour ce qu’on vous cache. Le bon séjour tient l’extérieur tôt le matin et en soirée, se met à l’abri aux heures de fournaise, et sait dire non aux singes de la place. Voici les lieux qui tiennent les enfants, ceux qu’on garde pour l’été, et la logistique pour que tout le monde en profite.

Les journées d’eau et de ferme

Le parc aquatique Oasiria, au sud de la ville, est l’adresse la plus fiable pour une journée d’enfants. Les toboggans vont du tout-doux au vertigineux, avec pataugeoire et piscine à vagues, ce qui permet de mélanger les âges d’une même fratrie. Des navettes gratuites partent de Jemaa el-Fna et de Guéliz, ce qui supprime le poste taxi et la négociation, le plus pénible avec des enfants. Le parc ouvre de fin mars à début novembre ; comptez environ 290 dirhams par adulte et 190 par enfant de moins d’1,50 m (gratuit sous 0,80 m), tarifs 2025. Venez en semaine, les Marrakchis affluant le week-end.

Autre journée qui se suffit à elle-même : une ferme-loisirs. Bled Ouladi, sur la route de Targa, réunit animaux, piscine, trampolines et déjeuner ; nourrir les bêtes et le tour en charrette sont les moments que les enfants retiennent. Formule complète autour de 350 dirhams par adulte et 220 par enfant l’été, moitié moins l’hiver sans la piscine (2025), fermé le lundi, paiement en espèces uniquement. Plus confidentielle et plus « atelier », Akkalino se présente en ferme pédagogique écologique, avec des ateliers à réserver (jardinage, cerfs-volants, poterie) et des balades à dos d’âne au bord du Tensift : la bonne solution de repli si Bled Ouladi affiche complet le week-end.

Quand il fait 40 °C ou qu’il pleut

C’est l’angle mort des guides famille : que faire aux heures de fournaise, ou le jour de pluie. Marrakech a plusieurs parcs couverts, et c’est là que se cachent les meilleures cartes de l’été.

Le plus complet est Gravity Park, boulevard de Casablanca : trampolines et parcours ninja, laser game, paintball en salle, casques de réalité virtuelle et même un mur de surf sur vague artificielle, le tout climatisé. Comptez une heure de trampoline autour de 90 dirhams, la partie de laser 70, la session de réalité virtuelle 40 (2025). L’ensemble tire vers les grands enfants et les préados plutôt que les tout-petits ; les horaires ne sont pas publiés, mieux vaut appeler.

Pour les plus jeunes, Kawkab Jeux, au Centre Harti en plein Guéliz, est la seule aire de jeux couverte du centre : modules en mousse et piscine à balles pour les 1-4 ans, toboggans et structures d’escalade pour les 5-8 ans, entrée à partir de 25 dirhams. Ce n’est pas une sortie « expérience », c’est le dépannage d’une heure ou deux pour des tout-petits épuisés par la chaleur, sans quitter le quartier des hôtels.

Deux autres options tiennent l’après-midi. Le Menara Mall abrite, sous le nom de Kidzo, une patinoire (patiner à glace pendant qu’il fait 40 °C dehors, l’enfant s’en souvient), un cinéma et des manèges, ouvert jusqu’à 23 h : la patinoire revient à 30 dirhams, les formules à 125-150 dirhams (2025). Et Palooza Park, boulevard Allal Al Fassi, est le grand parc à thème de la ville, univers dinosaures, manèges, spectacle et cinéma en relief : entrée 20 dirhams, pass tout compris 209 dirhams. Son intérêt en été : il ouvre en soirée jusqu’à minuit, et sa piscine (juin à septembre seulement) permet de sauter la case Oasiria. En semaine hors été, il n’ouvre qu’à 16 h : pas pour une matinée.

Prendre de la hauteur et de la fraîcheur

Quand la ville cuit, la meilleure sortie monte en altitude. Terres d’Amanar, à 35 kilomètres sur la route de Tahannaout, se déploie à 1 650 mètres, en lisière du parc du Toubkal : plusieurs degrés de moins qu’en ville. C’est un domaine d’aventure avec accrobranche, tyroliennes, poney et tir à l’arc, doté d’un parc junior dès 4 ans, adultes et enfants encadrés séparément. On le présente rarement ainsi, mais c’est d’abord l’excursion anti-canicule. Prévoyez la navette, le mal des transports sur la route de montagne, et confirmez les tarifs auprès du domaine, peu clairs en ligne.

La vallée de l’Ourika joue le même rôle de refuge frais, avec de l’eau. Les cascades de Setti Fatma se gravissent par étapes : la première est accessible aux familles (environ 30 minutes de marche), au-delà c’est de l’escalade de rochers sur deux heures et demie, trop dur pour de jeunes enfants. Le bon plan consiste à viser la première cascade seulement, puis à déjeuner en terrasse au bord de l’oued, sur les tables posées presque dans l’eau. Chaussures fermées impératives, pas de poussette, et surtout fixez le prix du guide avant de partir : l’accompagnateur « offert » qui réclame ensuite un pourboire appuyé est un classique du village.

En ville, sans cuire : jardins, parcs et ateliers

Le Cyber Parc, le long du boulevard Mohammed V entre Guéliz et la médina, est le sas de décompression de la ville : gratuit, plat, ombragé, sécurisé, avec une aire de jeux moderne et des allées praticables en poussette. La bonne respiration entre deux visites, à pied depuis Jemaa el-Fna. Le Jardin Majorelle, lui, se prête aux enfants pour ses cactus géants, ses bassins et ses chats en liberté, et pour ses allées asphaltées, rares à Marrakech ; entrée gratuite pour les moins de 10 ans, mais réservez en ligne (jusqu’à 45 minutes de file en haute saison) et venez à l’ouverture, l’intérêt s’épuisant en 30 à 45 minutes.

Le jardin de la Ménara offre son grand bassin, ses canards et de l’espace pour courir. Notre créneau préféré : le vendredi après-midi, quand les familles marrakchies viennent pique-niquer après la prière. Le lieu, souvent jugé fade en « carte postale » déserte, devient alors une scène de vie locale animée, bien plus intéressante pour des enfants. Enfin, pour les heures chaudes, deux options à l’ombre : un atelier de poterie pour enfants (une initiation, la cuisson étant différée, à expliquer à l’enfant qui repart sans sa pièce émaillée) et un cours de cuisine en famille, où l’on mange ce qu’on a préparé, ce qui rassure les palais difficiles.

Voir des animaux sans cautionner la maltraitance

Pour un contact avec les animaux, on oublie la place et on va à La Perle aux Oiseaux, seul refuge zoologique de la région, à quinze minutes sur la route de Ouarzazate. Une centaine d’espèces y sont soignées (autruches, aras, fennecs, porcs-épics, lamas, tortues), dans une logique de sauvegarde, avec des panneaux pédagogiques et une ferme interactive. Comptez 120 dirhams par adulte et 80 par enfant pour le parc, 220 et 180 avec la visite guidée d’une heure ; ouvert tous les jours de 10 h à 18 h, sur réservation. C’est plus cher qu’une photo « gratuite » sur la place, et infiniment plus défendable.

Car la place, justement, mérite un discours franc. Les singes magots de Jemaa el-Fna sont une espèce classée en danger, dont il reste moins de 15 000 individus : ceux qu’on exhibe ont été braconnés dans la nature, sont souvent enchaînés et maintenus dociles dans le bruit. Les serpents des charmeurs ont fréquemment les crochets à venin arrachés, ce qui les condamne à petit feu. Payer une photo finance directement ce commerce, et le piège consiste à poser l’animal dans les bras de l’enfant avant de réclamer de l’argent. On n’approche pas, on ne photographie pas, on ne donne rien : c’est en n’y participant pas qu’on protège une espèce menacée, et cela s’explique à un enfant. Les mêmes réserves valent, à un moindre degré, pour les dromadaires de la Palmeraie et les chevaux de calèche, souvent attachés trop serré : ne montez qu’avec un prestataire dont les bêtes sont visiblement en bon état, et jamais aux heures chaudes.

Pour armer la conversation avec un enfant qui va tomber sur les singes ou les cobras dès l’arrivée sur la place, notre carnet Éthique animale à Jemaa el-Fna déroule le cadre légal (CITES, calèches SPANA), les alternatives non-exhibitives et les quatre réflexes à s’imposer avant même de passer devant les chaînes.

La médina avec des enfants : poussette, motos, foule

Autant le dire nettement : la poussette dans les souks, c’est non. Ruelles irrégulières, foule, et surtout motos qui filent vite dans des passages étroits - le vrai danger. On tient la main en permanence, on marche côté mur, et on porte les tout-petits en écharpe. La médina est un labyrinthe où l’on se perd facilement : chargez le point GPS du riad et convenez d’un lieu de rendez-vous à l’ombre avec les enfants. Quant à Jemaa el-Fna le soir, le bruit, la fumée des gargotes et la densité peuvent angoisser un jeune enfant. Mieux vaut la découvrir en fin d’après-midi, quand elle monte en puissance, et depuis une terrasse de café en hauteur, d’où l’on domine le spectacle sans le subir.

Pour dormir, le riad de médina a le cachet et la fraîcheur naturelle du patio, souvent avec la possibilité de privatiser la maison ; mais l’arrivée en bagages et poussette se complique, et la piscine n’est pas toujours adaptée aux enfants. Un hôtel ou un resort en périphérie offre piscine, jardins, clubs enfants et espace, au prix de l’éloignement. Le compromis que nous recommandons : deux ou trois nuits en médina pour l’ambiance, une ou deux ailleurs pour la détente, ou un riad avec piscine chauffée et navette vers le centre.

Chaleur, eau, estomac : la logistique qui compte

La chaleur commande tout. Évitez juin, juillet et août avec de jeunes enfants : entre 12 h et 17 h, la ville est une fournaise, avec un vrai risque de coup de chaleur. Les meilleures saisons sont le printemps (avril à début juin) et l’automne (septembre-octobre). Le bon rythme cale l’extérieur sur 7 h-10 h 30 puis à partir de 18 h, et garde 11 h-16 h pour l’intérieur, l’ombre ou la piscine - créneau qui coïncide d’ailleurs avec la sieste des petits. Chapeau, crème, eau en continu et snacks salés dans le sac.

Côté santé, deux règles simples. L’eau d’abord : jamais celle du robinet, même pour brosser les dents, eau en bouteille exclusivement, et pas de glaçons, souvent faits à l’eau courante. Emportez de quoi réhydrater (sachets de sels), lavez les mains au gel avant de manger, et évitez les premiers jours les crudités non pelées. Pour se nourrir sans drame avec des enfants difficiles, les basiques sont partout : tajine poulet, frites, brochettes, pain, omelette, crêpes msemen, oranges pressées. Nous détaillons tout cela dans notre guide eau et santé, et le choix du mois dans quand partir.

À éviter

Les photos avec les animaux de la place ; Marrakech en plein été avec de jeunes enfants ; la poussette dans les souks et Jemaa el-Fna le soir avec un bébé ; les sorties en extérieur entre 12 h et 17 h l’été ; les hammams publics très chauds avec des petits (préférez un spa tempéré) ; la montée jusqu’à la septième cascade de Setti Fatma avec de jeunes enfants ; l’eau du robinet et les glaçons ; les fêtes foraines et parcs de quartier pensés pour les familles locales, sans intérêt distinctif quand on a déjà Palooza ou Gravity plus centraux ; et tout prix de guide, de calèche ou de dromadaire non fixé à l’avance, la surfacturation étant quasi systématique.

Notre programme, selon l’âge

Avec des moins de 6 ans, jouez la carte de l’eau et des animaux, en journées courtes : Oasiria, la ferme, La Perle aux Oiseaux, le Cyber Parc, la Ménara le vendredi, et Kawkab Jeux ou une longue pause piscine aux heures chaudes. Une seule sortie par jour, le reste au frais.

De 7 à 11 ans, ajoutez l’aventure et le mouvement : Terres d’Amanar et ses tyroliennes, la première cascade de l’Ourika, Gravity Park ou la patinoire du Menara Mall quand il fait trop chaud, un atelier de poterie ou de cuisine, et une chasse au trésor dans les souks (donnez une mission et un petit budget à négocier).

Le déroulé complet, heure par heure, avec le budget et les adaptations selon l’âge, est dans notre itinéraire Marrakech en famille.

Vous voyagez autrement ? Voyez aussi Marrakech avec des ados et Marrakech en amoureux.

Questions fréquentes

Que faire à Marrakech avec des enfants ?
Les journées d'eau et d'animaux (parc aquatique Oasiria, ferme-loisirs Bled Ouladi, refuge La Perle aux Oiseaux), l'aventure dans les arbres de Terres d'Amanar dans l'Atlas, la première cascade de Setti Fatma, et, quand il fait trop chaud, les parcs couverts (Gravity Park, Kawkab Jeux, patinoire du Menara Mall, Palooza Park). On tient l'extérieur le matin et en soirée, l'intérieur ou la piscine entre 11 h et 16 h.
Que faire à Marrakech avec des enfants quand il fait trop chaud ?
L'été, la mi-journée se passe à l'abri. Marrakech a plusieurs parcs couverts et climatisés : Gravity Park (trampolines, laser game, mur de surf) pour les grands, Kawkab Jeux (aire de jeux couverte pour les 1-8 ans) en plein Guéliz, la patinoire et le cinéma du Menara Mall, ou la piscine d'Oasiria. Palooza Park ouvre en soirée l'été, jusqu'à minuit, ce qui laisse passer les heures de fournaise.
Marrakech est-elle adaptée aux jeunes enfants et aux bébés ?
Oui, mais la chaleur et la médina commandent le rythme. Évitez juin à août avec de jeunes enfants (plus de 40 °C, ville-fournaise entre 12 h et 17 h) et privilégiez le printemps ou l'automne. Prévoyez un porte-bébé plutôt qu'une poussette pour les souks, un riad ou un hôtel avec piscine pour la pause de la mi-journée, et de l'eau en bouteille en continu.
Peut-on circuler en poussette dans la médina ?
Difficilement. Les ruelles des souks sont irrégulières, encombrées, parcourues de motos et d'ânes : une poussette y est un handicap. Préférez un porte-bébé ou une écharpe pour les tout-petits. Une poussette légère pliable ne sert que tôt le matin, quand les ruelles sont vides, ou dans les quartiers modernes et les jardins (Majorelle, Cyber Parc), dont les allées sont praticables.
Faut-il éviter les singes et serpents de Jemaa el-Fna avec des enfants ?
Oui, sans hésiter. Les singes magots sont une espèce en danger, braconnés dans la nature puis enchaînés ; les serpents ont souvent les crochets arrachés. Payer une photo finance directement ce trafic, et le piège classique consiste à poser l'animal dans les bras de l'enfant avant de réclamer de l'argent. Pour un contact animalier propre, on préfère le refuge La Perle aux Oiseaux, à quinze minutes de la ville.

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