Les Remparts de Marrakech
On ne « visite » pas les remparts, on les longe. Des kilomètres de pisé qui changent de couleur avec le jour et tiennent encore la médina dans leurs murs. Au couchant, la pierre vire à l'ocre rosé : c'est le moment, à pied ou en calèche.
Histoire & contexte
Les murailles naissent avec l’angoisse d’un siège. Vers 1126, le sultan almoravide Ali ben Youssef fait ceinturer Marrakech, alors capitale d’un empire menacé. Le gros œuvre est mené vite : des murs de pisé, cette terre ocre battue dans des coffrages, mêlée de chaux et de gravier, qui donne à la ville sa couleur.
L’enceinte court sur plusieurs kilomètres, rythmée par des tours carrées espacées de quelques dizaines de mètres et percée de portes. Les dynasties suivantes la prolongent : les Almohades aménagent au sud une kasbah royale, avec sa propre muraille et sa porte d’apparat, Bab Agnaou ; les Saadiens puis les Alaouites restaurent et étendent.
Chaque porte raconte son quartier. Bab el-Khemis doit son nom au marché du jeudi, Bab Debbagh à la proximité des tanneries, Bab Doukkala à la tribu et à la région d’où l’on venait. Aujourd’hui, les remparts tiennent encore la médina, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1985. On les longe plus qu’on ne les visite - mais ils sont partout.
Bab Doukkala, justement, mérite un détour à contre-emploi : franchi tôt le matin, il ouvre sur un quartier populaire vivant qui n’a rien du décor pour touristes - vendeuses de msemen, café-terrasse, marché aux fruits. C’est ce que raconte notre carnet Un dimanche matin à Bab Doukkala, à lire avant de longer les murs de ce côté-là.
« C’est la seule visite de Marrakech qui se fait sans entrer nulle part. »
Que voir - les temps forts
Le tour en calèche
Le classique pour couvrir un long linéaire de murailles sans fatigue. Départ entre Jemaa el-Fna et la Koutoubia ; prix à fixer avant de monter.
Les portes monumentales
Bab Agnaou la sculptée, Bab Doukkala, Bab el-Khemis et son marché, Bab Debbagh près des tanneries : chaque porte a son quartier et son histoire.
Les échoppes adossées aux remparts
Par endroits, marchands et ateliers s'appuient contre la muraille : le contraste du pisé et de la vie de la médina.
En images
Les plus belles photos
Où poser l'appareil, et à quelle heure la lumière est la plus belle.
Le pisé au couchant
Cadrer un long pan de muraille quand la lumière rase la terre rose ; les palmiers donnent l'échelle.
La porte dans son mur
Reculer pour saisir l'ouverture et l'épaisseur du rempart d'un seul cadre.
Conseils de visite
La fin d'après-midi et le couchant, quand le pisé prend sa couleur. À pied pour les détails des portes, en calèche pour couvrir les longs tronçons.
Monter en calèche sans avoir fixé le prix et l'itinéraire : les tarifs varient fortement, et une majoration s'applique souvent le soir.
- Comptez autour de 150 à 200 dirhams pour une demi-heure de calèche le long des murs ; négociez avant de monter.
- Les stations de calèches se trouvent entre Jemaa el-Fna et la Koutoubia.
- Côté circulation, prudence aux abords des grandes portes (Bab Doukkala, Bab Agnaou) pour traverser et photographier.
L'emplacement & l'accès
Les remparts ceinturent la médina sur l'ensemble de son pourtour. Les tronçons les plus accessibles sont au sud, côté Kasbah (Bab Agnaou, Bab er-Robb), au nord (Bab Doukkala, Bab el-Khemis) et à l'est (Bab Debbagh, près des tanneries). Tout part de Jemaa el-Fna et de la Koutoubia, au centre.


